Ma'athon en famille

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Polynésie française - Choix
de cecile, le 13-01-2007

Ma'athon en famille

Nous avons passé les fêtes de fin d'année dans la famille de Ronald en Polynésie- Française. Hormis le tour de l'île à Moorea, Ganesh est resté au garage : des vacances bien méritées... C'est donc Ronald qui va vous parler de ce séjour.

   La Nouvelle-Zélande fût comme une douce transition vers Tahiti… enfin, plus douce pour le climat que pour des genoux qui commençaient à prendre racine sur la chaise de bureau. Après trois semaines de fraîcheur estivale, on se sent d'un coup ralentir par les Celsius en plus. Ce n'est plus une vie itinérante, mais une vie bien posée, qui prend rythme pour trois autres semaines. Le premier jour est un vrai festival de couleurs : un jardin verdoyant, florissant, envahissant presque la terrasse. Nous serons mieux logés dans la maison d'à côté, celle qui, petit, pouvait paraître sombre, effrayante même. Quant à la chambre bleue d'enfance et d'adolescence, elle est devenue le bureau, la centrale Internet d'où l'on peut se parler de loin.
   Notre dernier séjour remonte à 2001. Comment ne pas s'en souvenir : nous avions traversé les Etats-Unis un certain 11 septembre. Cinq ans, ce n'est pas rien pour un jeune trentenaire, surtout lorsqu'il a bien fallu tout ce temps, même un peu plus, pour finir un gros dossier. Mais coupons ! Ce sont les vacances, en famille, une vraie vie de patachon. Car en famille à Tahiti, les plaisirs gourmands s'enchaînent. Les seuls moments de répit sont les plaisirs ronflants. C'est le départ du ma'athon (ma'a : nourriture) ! Bien sûr, à s'en rendre malade le jour de l'an, car un gourmand ne pense pas, il panse. Voilà donc une bonne résolution pour 2007 : apprendre à apprécier.
   Apprécier les plats de maman (le poisson cru à la chinoise), de A Pho (les farcis d'aubergine), de Tia Pho (le poulet au champignon et le Fou Ka farci), et les plats de A Khiou Christian ramenés de chez Cécile… son magasin. La liste est longue, mais on ne peut oublier le fameux porcelet rôti : attention, la peau doit être croustillante. Et les fruits, quel régal, ces fruits juteux, sucrés, parfumés ! Entre les mangues, les papayes, les pamplemousses, les tapotapo (pommes-cannelles), les ananas, les long gan (œil de dragon), la chaleur en vaut la peine. Et oui, c'est la saison chaude, la saison des fruits.
   La seule exception à ce train de dégustations fût le tour du Lézard jaune (Moorea) en compagnie de Thierry et Fred. A la descente du ferry, le quai de Vaiare est encore chargé de la circulation de l'île mère. Il faudra s'éloigner peu à peu pour apprécier ces 60 petits kilomètres autour de l'île sœur qui, par ses contours, forme une île cœur. 
Les deux premières semaines furent (tant le temps coule) généreusement ensoleillées. Tante Roselyne nous a gentiment ouvert les portes de Vainato : le lagon s'offre à nous comme une immense vasque. Plus on s'approche du récif, plus la faune et la flore sous-marine s'animent, se colorent, se multiplient. Avant que le soleil sombre au large, on peut encore cueillir quelques cocos, prendre quelques photos… Et dans la jeunesse de l'année, la bringue s'éteint à petit son… les ukulele fatigués accompagnent quelques voix chancelantes, mais joyeuses.
   La douceur de l'île n'est pas à l'image de ses décideurs. Même un patachon ne peut échapper aux débats de basse-cour qui agitent la vie locale et, du coup, la paralysent. Nous tombons au moment où le gouvernement déménage, une fois de plus. UPLD (Union Pour la Démocratie)/Tahoeraa, Oscar/Gaston, Gauche/Droite, les mécanismes de cette alternance font la manne des journalistes et des politologues depuis quelques années. S'il est vrai que la France n'a rien à envier de ce côté-là, les événements prennent, ici, une couleur bien locale, comme si la petitesse de l'île créait un effet de loupe. Evidemment, le parti d'en face a toujours tous les torts : celui de tromper le peuple, au nom de la démocratie et de la liberté. Voilà, dans ce tangage, la seule constante que les partis finissent par reconnaître, à l'unanimité, comme leur inique valeur.
   Le climat est devenu lourd, trop lourd… La pluie se met à tomber, à souhait, volant quelques pages et images à ce feuilleton monotone : rafales, inondations, éboulements… Dans la centrale Internet, pour garnir son blog, Cécile passe plusieurs nuits à ramer au rythme d'un ordinosaure en fin de vie. Car le vent souffle et Ganesh s'ennuie. Bientôt, il faudra reprendre son baluchon. 

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