Kia Ora,
Apres plus de 48h passees dans les avions et aires de transit, je me rejouis de voir enfin l avion se poser a Auckland. Mais tout n est pas fini et il me faut ensuite passer la douane et les controles sanitaires. Pour preserver la vegetation neo-zelandaise de maladies eventuelles, les mesures de protection a l aeroport sont draconniennes. Tente, chaussures, velo...tout est observe scrupuleusement et desinfecte. Mes sacoches sont dans un tel etat que je crains le pire...Mais non, ouf...pas de karsher pour elles et je peux enfin sortir !
Lorsque la porte s ouvre... je retrouve Ronald :) Nous nous etions quittes a Bishkek,au Kirghizistan quelques mois auparavant.
Le voyage commence tout en douceur. Nous sommes d abord accueillis chez sa cousine, Lorna, qui vient de terminer ses etudes ici... Se deplacer en voiture, dormir sur un bon matelas, retrouver la douche avec eau chaude : c est le grand luxe !
Densite de population faible, proprete irreprochable dans les lieux public, OR-GA-NI-SA-TION a la British, respect des normes de securite routiere...Beaucoup de confort pour les cyclotouristes mais le revers de la medaille ne tarde pas a se faire sentir. Les contacts avec les habitants sont tres rares... Dans de grosses voitures, du boulot a la coquette maison en passant par le super marche, nous ne faisons qu apercevoir des Neo bien occupes.
Les rares que nous croisons dans les commerces sont par contre tres serviables et les caissieres nous surprennent en nous saluant d un chaleureux : "Hi, how are you today ?".
En ce debut decembre, Noel approche...Au bord des routes, les Pohutukawas (Christmas trees) ont fleuri et laissent apparaitre de grosses boules rouges, parfaites pour l occasion.
Nous debutons notre tour sur la presqu ile de Coromandel... Des collines vertes ou paissent moutons et vaches aux forets de pins avec des arbres a fougeres en passant par de longues plages de sable blanc, il serait difficile de se plaindre. Cote culinaire, par contre, on a connu des heures meilleures... Dans les petites bourgades, hormis les 'fish and chips' et quelques 'meat pies' bien gras, le choix reste limite. Heureusement, les auberges de jeunesse sont equipees de cuisine et nous pouvons preparer nos propres repas. Un soir, face a une caissiere suspicieuse, Ronald, trentenaire depuis quelques jours, doit prouver sa majorite (que c est flatteur !!!) pour acheter la bouteille de vin blanc destinee a faire cuire nos moules marinieres...
Nous roulons ensuite sur le plateau central entre Rotorua et Taupo. C est plat, assez monotone avec des camions transportant du bois qui nous doublent a toute allure : de bonnes frayeurs pour nous 2 transformes pour l occasion en "cyclos shake". Rotorua, grosse industrie touristique ne nous laisse pas un souvenir inoubliable.
Nous terminons notre sejour par l East Cape. Une cote assez sauvage connue pour ces spots de surfs et ses longues plages. Dans cette region, 80% de la population est d origine maorie. Au niveau linguistique, alimentaire, la societe maorie semble avoir ete largement assimilee par la culture anglo saxonne.
Plusieurs neo zelandais ont cru bon de nous mettre en garde contre les "hommes a la peau sombre", "surtout ceux qui portent une capuche" nous rajoute meme un reparateur de velos ! Difficile de passer sous silence ce racisme a demi mot qui revele le probleme de la marginalisation d'un peuple colonise, qui vit dans la precarite et la violence...
Nous rencontrons Joe, un maori, qui tient une petite guest house sur la Hicks Bay. Est ce pour seduire les touristes en quete "d authentique" qu il se promene en pareo laissant apparaitre ses multiples tatouages (vestige d une culture passee ?). En tous cas, difficile de ne pas penser que notre homme se met en scene. Apres nous a voir offert du poisson peche par ses soins, nous lui demandons s il connait les previsions meteo pour le lendemain. Avant de nous repondre, notre "homme-nature" prend soin de consulter le ciel a la maniere des grands chefs maoris puis se prononce : "aucun risque pour demain, il fera beau". Et devinez... Nous nous reveillons le lendemain sous des trombes d eau :) La mesquinerie est un vilain defaut mais nous n y resistons pas. Avant de partir, nous lui redemandons tout sourire son avis sur le temps...Notre guru a l air un peu vexe par notre insolence. Cette fois, c est internet qui le renseigne :)
C est donc sous un "beau-temps-a-la-Joe" qu il nous faut pedaler...Pour remonter le moral des troupes, nous nous elancons dans une partie de fausses notes devant l air spectateur des vaches...
A bientot
Cecile |