Petit preambule a cette newsletter : - Vue l immensite du territoire, j ai defini mon parcours en fonction de mes preferences et du temps qu il me restait : un itineraire dans le Yunnan du sud (Mojiang---Jianshui) dont je vais vous parler ici...puis un autre plus au nord (Dali--Tagong au Sichuan). - Non, je ne suis pas au Congo ! Les photos placees dans ce dossier concernent bien celles de la Chine...Il s agit d une 'coquille' qui n a pu etre corrigee... 2 dossiers pour le Congo chinois ;) : un qui s intitule "Chine du sud" et l autre "de Dali a Chengdu" (apparait quand on clique sur la fleche a cote de Chine du Sud) ------------------------------------------------------------------------------------------------- Ni Hao, Wo bou ming bail... Accrochee a mon guide de conversation comme un jeune enfant s accroche a la main de sa mere, c est assez intimidee que j effectue mes premiers pas dans l Empire du Milieu. Premier bilan apres 48h : je me decouvre un reel potentiel pour devenir humouriste. Chacun de mes mots, de mes mimiques declenchent chez mes interlocuteurs d irrepressibles fous rires qui m amusent ou m agacent suivant l humeur du moment... ;) Quand les rires se calment (ouf...) s engagent alors des conversations parfois bien cocasses. A Mojiang, partie a la recherche d une carte routiere du Yunnan avec des ideogrammes, je vous livre l extrait d une conversation entre une commercante et moi... "Ni hao, dzia tong di tou...Nali ?" (Bonjour, carte routiere....ou ? Et oui, qui se douterait que je suis orthophoniste ?!!!!) - Meio...(y en a pas) - Yo nali (avoir ou ?) - Dao sheu dzeu lou ko dzouo gwail wane. - ????????!!!!!! Wo bou ming bail (je ne comprends pas) . - la vendeuse, en plus fort : Dao sheu dzeu lou ko dzouo gwail wane. - Wo bou ming bail ! Wo fagoua (je suis francaise) ! - se saisissant d un stylo et notant quelques ideogrammes : “ž\Žš˜HŒû‰ûœ^ - wo bou ming bail.Mine deconfite, je pars sans oublier de la remercier d un fort chié-chié (merci en chinois) qui me soulage un peu...car oui, croyez moi, le mot est parfaitement adapte a la situation ;) Rien de rien...je ne comprends rien ! La parole, l ecriture, les gestes symboliques, tout m est etrangé. Une rapide verification sur mon globe me rassure cependant : la Chine et la France se trouve bien sur la meme planete...Avec un peu d entrainement, le casse tete communicationnel devrait donc s attenuer... Dans ces heures difficiles, Ganesh se revele un bon compagnon : pas besoin de mots, en un regard, nous nous comprenons :) Face a ses cousins chinois, je le vois frimer avec sa belle dynamo et ses nombreuses vitesses. Une vraie star... Rizieres en terrasse... Une trentaine de kilometres apres Mojiang, le goudron laisse place a la terre battue. La piste sillonne d abord a travers de belles plantations de the. Un peu plus loin, de gros paves irreguliers font leur apparation : aie, aie, aie. Ce "Paris-Roubaix" version chinoise ne m amuse guere ! Heureusement que les paysages en valent la peine... Les chinois vivant dans cette region appartiennent a la minorite Hanis. Au fil des generations, ils ont transforme les terres abruptes en de petites parcelles en terrasse sur lesquelles ils cultivent le riz. Grace a un ingenieux systeme d irrigation, l eau detournee des rivieres circule equitablement entre toutes ces rizieres. En ce mois de mars, les rizieres en eau, miroirs du ciel, offrent des paysages somptueux dignes de cartes postales... Pour ne rien gacher, l accueil qu on me reserve sur cette piste est l un des plus chaleureux que je recois depuis le Pakistan. Je pourrais passer ma journee a manger tant je recois d invitations a me restaurer (a ce rythme la, j ai toutes mes chances pour finir sumo au Japon)! Avec un peu d habitude et grace a la gentillesse sans bornes des Hanis, les echanges verbaux deviennent possibles et agreables. L ombre au tableau... ...s appelle Medor ! Je suis en train de savourer le paysage...la magie des lieux quand un sale cabot me fonce dessus. J ai juste le temps de sauter du velo, d attraper des cailloux et de les lui lancer... Je redemarre pas inquiete...et ce filou revient a la charge (il lorgne dangereusement sur mon mollet gauche). Un coup de guidon maladroit et je perds l equilibre. J atterris tete la premiere dans le fosse, ecorchee et un peu secouee. Une petite meme arrive pour m aider. Toute petite et pliee a 90degres, elle chasse enfin son clebard ! Tout en filant sa laine, elle me parle sans discontinuer pendant plus d une heure...Etrange monologue... Ensuite, les paysages sont toujours aussi beau mais avec une plaie ouverte sur la paume de la main et une piste pavee, le confort n est plus de la partie. Fin de journee delirante sur une piste completement degradee ! J arrive dans un petit village a la tombee de la nuit ou je suis accueillie par une equipe d enseignants... "Allons enfants de la patrie..." Latisha, la plus jeune des enseignantes parle anglais et me propose de rester une journee dans l ecole ou elle travaille. Elle me confie ses difficultes a enseigner a des eleves Hanis qui n ont qu un tres faible niveau de mandarin. A la place du cours de chinois, elle me demande de realiser un petit expose sur mon pays qu elle traduit au fur et a mesure. Un eleve me demande : "est ce que les enfants en France aiment aller a l ecole ?". Je reponds que beaucoup preferent les vacances. Visiblement, c etait la reponse attendue. Rire et approbation generale de ces petits ecoliers chinois. Segolene serait ravie, je profite de l occasion pour decrocher mon petit drapeau francais que je fais decouvrir aux eleves... Des escargots au chien sauce barbecue en passant par les pattes de poule... Je ne peux parler de la Chine sans evoquer sa cuisine, savoureuse et variee (au meme niveau que l excellente cuisine indienne). Sur les marches, c est tout un spectacle d observer les chinoises faire leur course. A Lowa, je vois des chiens se faire soupeser comme des poules et je souris en pensant a la tete que ferait notre BB face a la scene ;) Quand un chinois me salue, c est invariablement suivi de la question : 'as tu mange ?' Qu elle que soit ma reponse, il enchaine par "viens manger !". Les bols remplis d une variete d aliments se placent devant moi...pas d entree, de plat chaud. Tout est apporte en meme temps. De la petite gargote de rue au restaurant de standing, c est la plupart du temps prepare avec soin et gouteux. Ensuite, tout est question d endurance...A vos baguettes ! Les grues dans le ciel chinois... ...ne sont plus ces gracieux oiseaux qui ornaient les tableaux chinois d antan ! Juges 'vieillots', les vieux quartiers disparaissent, rasees par des pelleteuses sans scrupule ;) Vous connaissez probablement l art nouveau, l art deco...En Chine, dans les villes moyennes, nous en sommes a l art "d inspiration toilettes". Une fois construit, les immeubles sont recouverts de petits carreaux blancs, les memes qui ornaient les toilettes de nos grands meres...C est terriblement laid. Le fosse entre la Chine rurale et celle des villes est enorme. L arrivee a Janshui puis Kunming est une rupture dans ce voyage au coeur d une Chine rurale. Je retrouve la Chine citadine a l activite bouillonnante qui consomme...Epargnes jusqu a present d une epidemie de grippe avaire, les chinois des villes semblent par contre majoriatirement atteints du virus de la "fievre acheteuse" ! Les magasins, par milliers, s etalent dans ces rue marchandes... Pour trois fois rien, je reussis a me procurer quelques vetements chauds pour la suite du voyage...Mais j aurais du ecouter Karl 0 et me mefier des... oui bravo vous suivez... des contrefacons ! Mes gants waterproof se reveleront a la premiere averse d excellentes eponges a eau ! De Kunming, je prends un bus de nuit. Allongee sur une couchette aux allures de cabine aero-spatiale, je m attends a un decollage imminent...objectif lune...Finalement, j atterris a Dali, petite bourgade touristique. Pourquoi une telle destination ? Ceux qui ont lu ma news letter sur le Laos auront devine...Il s agit d une etape pancakes ;) avant de regagner les contreforts du plateau tibetain... A bientot Cecile |